Accord de piano
En 1980, après avoir travaillé durant quatre ans comme technicien de chambre noir dans un laboratoire commercial, j’en suis arrivé à un point où ma santé ne me permettait plus de faire des heures aussi irrégulières. Comme le travail était très difficile à trouver, particulièrement pour les aveugles ou handicapés visuels la seule chose à laquelle je pouvais penser était de travailler à mon compte. Avec l’aide d’un ami, je suis entré en contact avec l’Association Montréalaise pour les Aveugle qui m’a aidé à présenter une demande de subvention pour me permettre de recevoir la formation appropriée dans l’accord de piano. Je ne savais pas qu’une autre personne voulait faire la même chose et, entre nous deux, avons réussi à obtenir un octroi du gouvernement du Québec pour nous permettre d’employer un professeur et d’acheter l’équipement et les outils nécessaires. Le plan de cours incluait mille heures de formation dans l’accord et les réparations de piano. Il nous a fallu plus d’un an à temps plein pour finalement arriver au jour d’examen. Nous avons été examinés par quelques uns des musiciens reconnus de la région de Montréal et avons reçu nos certificats.
Après avoir rendu visite à un notaire et être passé par le procédé d’inscrire un nom commercial, j’étais prêt à gagner ma vie en travaillant à mon compte. Ainsi est né « Entreprises Ronald Pelletier Enterprises ». Je pensais que travailler à mon compte serait tout rose jusqu’à ce que je me rendes compte que, pour les quelques premières années, je devrais travailler quatre-vingts heures et plus par semaine afin de joindre les deux bouts.
Nous étions en 1981 et, je n’avais aucune idée qu’une récession était sur le point de nous frapper. J’ai survécu le premier choc avec beaucoup de travail et de détermination mais, en 1987 les choses sont devenues encore plus pénibles. Beaucoup d’emplois ont été perdus et un très grand nombre de familles ont été forcées à garder leurs budgets très serrés. Beaucoup de gens qui accordaient leur piano deux fois par an ont commencé à le faire accorder une fois tous les deux ans. En outre, à ce moment-là, les pianos électroniques, bien que je ne les classe pas comme vrais pianos, ont commencé à prendre leur part du marché. Le fait qu’ils prennent moins d’espace n’ont pas besoin d’être accordés sauf s’ils sont défectueux et aussi qu’ils permettent aux enfants de pratiquer portant des écouteurs, les a rendus populaires.
J’ai vite rréalisé l’inévitable et décidé que je ne laisserais pas mon amour de l’accord de pianos mais je devrais considérer une autre source de revenu si Christine et moi-même allions passer à travers financièrement. Quand j’ai commencé l’accord de piano, j’ai vu le besoin qu’une personne aveugle avait de pouvoir maintenir de façon autonome tous les aspects de son travail. C’est à ce moment que je suis devenu intéressé à me renseigner sur ce que les ordinateurs pourraient faire pour moi. En 1983, alors qu’ils étaient très nouveaux sur le marché, j’ai pris un cours d’introduction aux ordinateurs à l’université Concordia. Quand j’ai vu que mon intérêt dans ce domaine était illimité, j’ai continué et pris un cours de programmation en langage BASIC. J’ai très bien réussi à ce langage mais j’ai trouvé que le tout était excessivement stressant. C’est alors que j’ai tourné mon intérêt vers l’accessibilité à l’ordinateur pour les aveugle qui en était à ses débuts et en croissance rapide.
En 1988 tandis que j’étais à l’association Montréalaise pour l’es Aveugles pour une simple visite, j’ai été invité à jeter un coup d’oeil sur une imprimante Braille du service de transcription qui ne fonctionnait pas et j’ai réussi dans un délai de 24 heures à la faire communiquer avec son ordinateur. Alors d’autres problèmes ont été soulevés dans le département de production Braille et j’ai pu les résoudre. Quelques semaines plus tard on m’a demandé si je travaillerais un jour par semaine pour aider à maintenir les ordinateurs qui devenaient la manière la plus commode et la plus rapide de transcrire le texte en Braille. Puisque j’étais à mon compte de toute façon, j’ai accepté l’offre.
Deux ans plus tard, j’ai été invité à me joindre au programme d’emploi. Alors deux autres jours par semaine ont été ajoutés à mon agenda. Mon activité principale était de démontrer aux employeurs potentiels qu’au moyen d’ordinateurs, les personnes aveugles et handicapés visuels peuvent faire un excellent travail dans un bureau. A ceci a été bientôt ajouté la responsabilité d’évaluer des postes de travail et de faire des recommandations quant à ce qui était nécessaire pour adapter le poste. Et puis s’ajoutait la nécessité de former les clients aveugles dans les logiciels d’accessibilité et également l’utilisation des programmes populaires. En 1998, la charge de travail est devenue si grande que l’association a ouvert un poste à plein temps et, naturellement, j’ai postulé. Depuis, le travail n’a cessé de changer chaque jour grâce à la venue de nouvelles versions des logiciels et de nouveau matériel. Tous les deux me maintiennent très occupé. Je suppose que ceci me rendra au jour de la retraite avant même que je réalise ce qui s’est produit.
Tout ceci ne m’a pas incité à perdre mon amour pour l’accord de piano. Je continue à accorder des pianos en soirées pour maintenir mon oreille et mon bras en bonne forme et continuerai de le faire dans mes années de retraite. Je n’ai encore jamais connu aucun accordeur de piano qui ait cessé d’accorder jusqu’a ce que sa santé ne lui permette plus.
Si vous recherchez un accordeur de piano et que vous êtes disposé à fournir le transport jusqu’a votre maison, vous pouvez m’atteindre par courriel tout simplement en cliquant sur le lien « Communiquez avec nous » ou composez le: 514-484-1349